DOPAMINE2000

Le projet

Que serais-je devenu.e sans moi ?

Note d'intention

« Que serais-je devenu.e sans moi? »
2018 - présent


« Que serais-je devenu.e sans moi » est un projet sur le long terme alliant photographie et écriture narrative. Plus qu’une série de photos, il est construit comme un ensemble complet, complexe, où lae spectateurice est libre de tisser ses propres liens entre les différents médias.
C’est un projet générationnel, recueillant les témoignages des femmes trans-genre, cis-genre, des personnes non-binaires, ainsi que toutes les personnes sur le spectre des genres minorisés (trans-masculines, intersexes...) que je peux rencontrer.

L’essence de ce projet se trouve dans les histoires de tous les jours racontées par les participant.e.s au fur et à mesure de nos rencontres. Dans des « sessions » allant d’une à trois heures, ces personnes âgé.e.s de 13 à 30 ans m’ont raconté leur histoire, leurs histoires, sans filtre, sans retenue, sans honte.
L’idée était avant tout de leur offrir un espace de discussion et de réflexion, sans ligne directrice préalable, laissant les participant.e.s libres de leurs sujets, venant naturellement au fur et à mesure de notre discussion : qu’est-ce que ça fait de grandir sans mère, leurs premières règles, les abus sexuels dont iels ont souffert - et puis leurs potes, leurs états d'âme, leur ennui, et ce qui les rend heureu.ses.x, tristes, en colère. Elleux, dans leur vie, sans rien d’autre.
Partant de l’idée de créer un espace de parole sécuritaire pour les personnes victimes d’une oppression commune, plus ou moins frontale, perpétuée par les normes hétéro-patriarcales, le projet est devenu petit à petit un panel très large de témoignages quotidiens, banals, extraordinaires des participant.e.s. - le miroir d'une société et d'une génération qui évolue, qui mute et qui se rassemble, et lutte pour réinventer leur quotidien.
Chaque session se termine par quelques photos, traces de ces heures passées autour des mots, et est toujours enregistrée, afin de pouvoir travailler en aval sur des textes accompagnant les différents portraits. À l’accrochage, les portraits ne seront jamais associés frontalement aux textes, pour respecter l’anonymat des participant.e.s, mais aussi pour laisser libre lae spectateurice d’associer (ou non) des visages sur les mots qu’iel rencontre.

Je photographie depuis le début de ce projet des personnes que j’aime, que je connais très bien, plus ou moins, ou pas du tout. J’ai vu à chaque fois quelque chose de différent en chacune de ces personnes, et quelque chose qui toujours les reliaient - j’ai essayé de poser un oeil tendre et sans jugement sur ce qu’iels m’offraient à voir, et sur ce qu’iels partageaient de leur vie. C’est un projet qui me permet de comprendre comment instaurer une distance dans l’intime que l’on montre, en tant que photographe, et comment est-ce que l’on respecte les témoignages que l’on est amené à recueillir. C’est un projet dont la démarche se situe entre l’art thérapie, la photographie intime et parfois la trace documentaire. Naviguer entre ces différents domaines de narration me permet de lier mon activisme politique et les espaces intimes que je cherche à représenter dans ma pratique artistique.

Photographe, écrivain.e, militant.e, lesbienne et non-binaire, c’est à travers « Que serais-je devenu.e sans moi? » que j’essaye de représenter le quotidien de toutes ces personnes qui, comme moi, peinent à trouver un espace de parole dédié et une visibilité digne, loin du sensationnalisme.

Je suis toujours à la recherche de participant.e.s sur Nantes et Paris.

N'hésitez pas à me contacter.

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